Bilan militantisme 2017

Coucou petit brocoli

En fin d’année, j’aime bien prendre un peu de recul sur l’année qui vient de s’écouler pour faire un petit bilan afin de pouvoir avancer dans la bonne direction. Je te propose donc de partager avec toi ma petite expérience de militante.

Comme je n’ai pas envie de me censurer et d’être totalement honnête avec toi, je ne donnerais pas les noms des associations avec qui j’ai œuvré. Mon but n’est aucunement de cracher ou de critiquer le travail des uns et des autres. Toute action est utile. Il n’est en aucun cas question de dénigrer qui que ce soit. De plus ici, je vais te raconter mon histoire personnelle, donc ça n’engage que moi et personne d’autre. Tu peux ne pas être d’accord avec moi, je reste pour autant ouverte au dialogue. Donc n’hésite pas à partager avec moi tes expériences, c’est toujours très enrichissant. Pour que tu puisses situer un peu comment j’ai commencé, je vais remonter un peu plus loin.

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Je participe donc à ma première action en Juin 2014 quelques mois avant ma découverte du véganisme. Je me rends donc à une manifestation pacifiste anti-corrida sans être pour autant végéta*ienne mais très scandalisée par cette pratique barbare.

Ensuite, je participe à quelques rassemblements à titre ponctuel, dont les actions contre le parc marin PrisonLand sur Antibes. Là-bas, je fais le choix d’y aller avec mes enfants pour commencer à les sensibiliser à la cause animale. D’ailleurs, j’ai eu l’occasion de me rendre à une conférence de Paul Watson juste avant un rassemblement. Cette rencontre a beaucoup marqué mon fils ainé (à ce moment-là il a 9 ans), et il me dit vouloir être comme lui quand il sera plus grand. Un an plus tard, c’est lui qui en classe de CM2 parle à ses camarades du travail de Sea Sheperd. Cette belle expérience m’encourage à les mener avec moi quand les conditions sont possibles. Car certaines actions ne sont tout de même pas conseillées aux enfants.

On arrive en début d’année 2017, et avec Marie on commence à être de plus en plus actives au point de participer à plusieurs actions par mois, pour différentes associations. Grâce aux réseaux sociaux, il devient facile d’avoir les dates des actions pas trop loin de chez nous. C’est aussi à ce moment-là que l’on commence à rencontrer des personnes « véganes ». Nous avons fait de la sensibilisation contre la fourrure, les abattoirs, des dégustations végétales…

Avec une personne rencontrée lors d’une manifestation, je décide de créer une antenne d’une association (bien connue en France) dans ma région. C’est une première pour moi et cette expérience va me permettre de rencontrer des personnes que je considère aujourd’hui comme mes amis. Mais il y a aussi le revers de la médaille, car ça va également me permettre de me rendre compte de problématiques dans le milieu militant.

Nous nous donnons comme objectif de créer une action par mois. On commence la première en Mai sur le thème de la fête des mères. Notre action est jugée comme sexiste car ce sont des militantes qui sont dans le happening (il s’agit d’une mise en scène choc dans le but d’interpeler les passants et de provoquer une prise de conscience). À ce moment, ça me paraît nécessaire car nous dénoncions l’industrie du lait.

En juin, nous avions 2 actions, une pour dénoncer la consommation de viande à travers la reconstitution d’un barbecue. L’autre était un rassemblement anti-corrida. La manifestation anti-corrida ne s’est pas déroulée au mieux, ça a beaucoup crié et il y a aussi eu pas mal d’injures oppressives. Ce qui du coup rend notre combat moins crédible.

Le lendemain, l’action barbecue, s’est déroulé devant une pizzeria. Le choix du lieu était vraiment top. Nous avions une sono avec des bruits d’animaux très impactant. Cette action s’était vraiment bien déroulée et il y avait des réactions de la part des passants du coup très curieux de notre mise en scène. Seul bémol, une nouvelle fois nous avions plus de femmes que d’hommes sur le happening rendant notre action une nouvelle fois sexiste. Ce n’était pourtant cette fois-ci pas faute d’avoir essayé, mais il est vrai qu’il est plus difficile de trouver des hommes engagés à la cause animale que des femmes dans notre région.

En juin, j’ai aussi eu la chance de me rendre à la marche contre les abattoirs sur Paris. Ça a été l’occasion pour moi de rencontrer d’autres personnes de mon association qui ont des antennes un peu partout en France. J’avais déjà rencontré le Président qui était venu chez moi pour nous rencontrer avec les militants.es de la région. Nous en avons même profité pour mener 2 actions anti-cirque dans le week-end.

On continue dans notre lancée avec d’autres actions tout l’été, les organisations nous demandant beaucoup de temps en terme de logistique matériels et militante. Je ne vais pas rentrer dans les détails des actions car ça n’a pas grand intérêt.

Nous remarquons que nos actions dérangent principalement ceux qui vivent de l’exploitation animale, preuve que nous commençons à avoir un impact sur la population et ça c’est grâce à tous les militants.es partout en France qui se mobilisent pour sensibiliser les gens. Et ça c’est cool.

Malheureusement, je sens le malaise s’installer peu à peu. Car oui, je milite pour les animaux, mais je n’en n’oublie pas pour autant les autres causes. Quand on commence à ouvrir sa conscience, il est important de ne pas s’arrêter à la cause animale. Ce doit être un combat global pour tous. Alors oui je te vois venir, on ne peut pas tout faire en même temps. Mais il est important dans notre discours « végane », je n’aime pas trop ce mot, je préfère dire « anti-spéciste », de ne pas être oppressif envers les femmes, les races…

Mais lors de mes actions malheureusement, je commençais à remarquer ce genre de réflexions. Peut-être que ça a toujours été le cas et que je n’étais pas encore suffisamment sensibilisée pour le remarquer. Car oui, moi-même je continue d’évoluer sur plein de sujets. Et pour ne rien arranger, je pouvais voir les partages à caractère oppressif de ces militants.es sur les réseaux sociaux. En tant que co-responsable d’antenne, j’aurais pu faire le choix de me séparer de ces personnes ou d’essayer de les conscientiser (mais encore faut-il qu’ils aient envie se remettre en question). Mais l’objectif de mon associé et de l’association en général était la quantité, pas la qualité. J’ai donc pris la décision en Septembre de prendre du recul pour y réfléchir. Je n’arrivais plus à y voir clair. C’est à dire à savoir s’il y avait un vrai problème ou si c’était moi qui abusais.

J’ai aussi pu voir de l’intérieur les guerres entre associations, ça n’est plus un mythe pour personne et c’est vraiment dommage. Chacun essayant de tirer la couverture à soi dans le but d’être le/la meilleur.e militant.e ou association. En oubliant que le but ce n’est pas nous mais EUX, les victimes, les oubliés.

Après un peu plus d’un mois et demi à réfléchir, à les observer sur les réseaux sociaux et à essayer d’échanger avec quelques personnes, j’ai décidé que je ne voulais pas être associée à ces comportements-là. Je décide donc de quitter l’association pour récupérer de la cohérence avec moi-même.

Et hier, j’ai enfin participé à une nouvelle action avec des personnes en qui j’ai confiance. L’organisation était au top, aucune mise en avant de la part de l’organisatrice. Pas de problème d’égo et pour le happening nous avions des masques nous rendant anonymes. Je n’ai pas entendu de remarques oppressives et ça fait vraiment du bien. Notre but n’était pas de distribuer un maximum de tracts, mais bien de prendre le temps de discuter calmement avec les gens sans porter de jugement. Les guider à prendre en compte les animaux, l’environnement et les humains dans leur globalité. Différentes vidéos étaient diffusées pour que tout le monde puisse se rendre compte de l’ampleur du problème. C’est la première fois que j’ai pu voir sur une action des larmes, des sourires, des embrassades.

En conclusion, je ne regrette rien de ce qui a pu se passer cette année, que ce soit en positif ou en négatif. Ça a été une super expérience très enrichissante et même si le monde de la protection animale n’est pas parfait, il y a quand même quelques personnes formidables avec qui on peut œuvrer. Je t’encourage toi aussi à t’investir et à faire de notre monde un monde meilleur.

Prends soin de toi, je t’embrasse très fort.

À bientôt

LaJu Veggie

 

2 réflexions sur “Bilan militantisme 2017

  1. Bonjour,

    Je suis admiratif de ton engagement et de ton recul. En effet, il n’est pas simple de lutter pour une cause minoritaire (pour le moment) et cible de nombreuses personnes n’ayant pas d’intérêt à ce que les choses changent. J’avais tendance à être un peu trop dans la moralisation et je me suis aperçu que cette technique est chiante et ne me ressemble pas. Je préfère informer et donner envie! J’apprécie les associations qui vont dans ce sens. Merci pour ce retour, bon courage pour cette nouvelle année dans tes futurs projets.

    Tristan

    Aimé par 1 personne

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